Berger (René)

 

Données de base

IdentifiantBerger (René)
 

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Type d'entité:Personne
Forme(s) autorisée(s) du nom:Berger (René)

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Dates d'existence:1915 - 29.01.2009
Période d'existence:1915 - 29/01/2009
Histoire:René Berger est né à Bruxelles en 1915, de nationalité suisse. Il est décédé le 29 janvier 2009. Il obtient sa licence ès lettres à l'Université de Lausanne en 1941, puis le titre de docteur de l'Université de Paris que lui vaut sa thèse intitulée "Essai d'introduction pratique à la connaissance esthétique et plus particulièrement à celle de la peinture", soutenue en 1957 à la Sorbonne avec la mention la plus élevée.
Dès son premier enseignement à L'Ecole Supérieure de Commerce de Lausanne, il introduit dans les programmes un nouveau cours intitulé Connaissance de l'art. (1943-1956). Ce cours conduit en 1958 à son ouvrage Découverte de la peinture, premier essai de méthode de lecture esthétique. Ce dernier sera repris en livre de poche et connaîtra de nombreuses traductions. Dans la suite des douze volumes publiés en 1963 sous le titre de Connaissance de la peinture (reprise bientôt en 6 volumes) se confirme sa préoccupation d'approfondir son approche critique en la reliant de plus près à l'évolution des moyens de communication. Cette conception, qui rompt avec l'histoire traditionnelle de l'art, décide la télévision à réaliser une série de 13 émissions multilingues diffusées dans de nombreux pays.
En 1947, il fonde le mouvement culturel Pour l'Art qui organise dans les écoles, les usines, des expositions de reproductions d'oeuvre d'art, des conférences, des rencontres avec les artistes, des débats et des voyages culturels. Parallèlement, en 1948, il fonde les Cahiers Pour l'Art dont il assure la direction
A la Faculté des Lettres de l'Université de Lausanne, où il est successivement lecteur de littérature française, chargé de cours, puis professeur associé, il s'efforce d'éclairer les changements culturels dus à l'évolution accélérée des moyens techniques. Dès 1971, il prend l'initiative de créer dans le cadre de l'Université un cours expérimental: Esthétique et mass media, dont le postulat (d'abord mal accepté de la Faculté) consiste à étendre la dimension esthétique au-delà des arts traditionnels.
René Berger a également enseigné à l'Université Populaire de Lausanne, qu'il a contribué à fonder (1952 - 1974).
En 1972 paraît Art et Communication, ouvrage dans lequel l'auteur s'emploie à démontrer qu'un objet de connaissance n'est jamais "donné", mais qu'il est toujours conditionné par les moyens de communication en cours et en devenir. La Mutation des signes, publié la même année, en développe les conséquences, à savoir que nous sommes entrés dans une ère multimédia qui s'étend aux moyens de transport de masse que sont devenus l'automobile, le train, l'avion, ainsi qu'aux activités de masse tels que le tourisme, les loisirs, la mode. D'où la mise en garde à propos des "sémiurgiens" qui, fabriquant simultanément les produits et les signes, façonnent notre existence quotidienne à l'échelle de la planète. C'est dans ce dernier ouvrage qu'il inaugure le concept de "technoculture", aujourd'hui d'usage courant.
René Berger multiplie les voyages pour approfondir à la fois son information et sa réflexion. C'est ainsi qu'il participe à de très nombreux colloques, séminaires, conférences, tables rondes dans le monde entier. La théorie de l'information, la cybernétique, le développement des sciences, en particulier de la physique et de la biologie, élargissent son cadre de référence et le conduisent à s'intéresser toujours de plus près au phénomène de la télévision et de l'informatique naissante.
La Télé-fission, alerte à la Télévision, paru en 1976, étudie comment la télévision est en train de provoquer un éclatement culturel qui ne cède en rien à celui provoqué en physique par la fission de l'atome. A la lumière de la psychanalyse, l'auteur découvre que les "missions" qu'on s'accorde à reconnaître traditionnellement à la télévision, relèvent moins de l'esprit rationnel dans lequel on les inscrit que d'une fantasmatique collective dont on ne sait encore que peu de chose. Ce qui incite l'auteur à préciser que l'Originel, fondement du mythe, se déplace progressivement vers l'Actuel, l'événement prenant le pas sur le symbole. Son propos n'est ni technique ni historique. Moins encore encyclopédique: il vise à éclairer le changement de notre civilisation dans une perspective "techno-anthropologique".
L'effet des changements technologiques, paru en 1983, poursuit l'enquête en s'interrogeant sur quelques-unes des grandes mutations de notre temps: la ville, aujourd'hui machine-à-vivre-en-masse; la vitesse, qui engendre la nouvelle race des "télanthropes". Dans la "Maïa" technologique qui nous enveloppe, les artistes ont-ils encore le pouvoir de nous aider quand la clairvoyance fait de plus en plus défaut tant aux experts qu'aux hommes politiques, et sans doute à la plupart d'entre nous ? Poursuivant ses travaux, René Berger s'attache à analyser, à la suite de la récente révolution audiovisuelle, celle que provoque l'arrivée massive de la micro-informatique.
C'est pour l'auteur l'occasion de s'interroger sur la nature et la portée des nouvelles technologies. Jusqu'où ira votre ordinateur ? L'imaginaire programmé ! (1987). Rapport difficile. Comment traiter avec un maître exigeant, pointilleux, qui ne laisse rien passer, et qui ne se trompe pas ? Comment s'accommoder d'une logique, purement rationnelle, alors que nous sommes faits d'abord d'incertitudes, d'émotions, de mouvements du coeur ? L'ordinateur est-il capable de briser la clôture qui nous menace ? Certains indices semblent porteurs d'espoir. Après la période triomphante de la "force brute", voici que s'annonce peut-être une deuxième informatique, soucieuse de conscience. En dépit de la méfiance, on voit déjà nombre d'artistes qui se mettent à explorer cette voie, comme s'il leur appartenait d'orienter une société technologiquement toujours plus puissante pour la soustraire à la condamnation d'un imaginaire de plus en plus programmé.
Téléovision, le nouveau Golem (1991), avance l'hypothèse que l'homme et la machine entrent dans un rapport sans cesse plus étroit. De même que le terme de téléomonie suppose un projet à l'organisation du vivant, de même la téléovision suppose une organisation inhérente au développement technique et qui simultanément le dépasse. Le nouveau Golem naît de la co-évolution de l'homme et de la machine qui s'accomplira dans une âme partagée, comme ils s'apprêtent l'un et l'autre à faire du cyberespace leur nouvelle patrie.
Dans son ouvrage, l'origine du Futur (1996), René Berger fait part du fait que la mutation du monde a atteint un seuil critique. Pour la première fois, les médias qui coexistaient jusqu'ici, presse, radio, photographie, cinéma, télévision téléphone, informatique, se mettent à fusionner en une télématique universelle.
Outre ses activités d'enseignant et d'écrivain, René Berger a été chef de projet auprès du Conseil de l'Europe (1969-1985). Il y a été chargé notamment d'une recherche sur le thème de la promotion culturelle, dimension esthétique. Cette activité dans le cadre du Conseil de l'Europe a été pour lui l'occasion de se documenter sur toutes les activités culturelles du Conseil de l'Europe (formation, art et télévision, esthétique de l'environnement, télévision et communication, musées, art contemporain, Biennale de Venise, colloques dans différents pays d'Europe).
René Berger a également été expert consultant auprès de l'Unesco (1969-1999). Ses préoccupations étaient très semblables à celles évoquées dans le cadre du Conseil de l'Europe, avec, en plus, une documentation au sujet de la vidéo dans le monde contemporain, au sujet des biennales d'art contemporain, et de l'ordinateur.
Sa présidence de l'AICA (1969-1975) a été une autre de ses fonctions. C'est dans ce cadre qu'il a écrit des textes sur le thème de la critique d'art. Les documents que René Berger a livrés aux Archives cantonales vaudoises au sujet de l'AICA contiennent des mines de renseignements qui se rapportent aux activités de l'association, et aux sections dans le monde entier. Après sa présidence, René Berger est resté président d'honneur actif.

Jurys
René Berger a été membre de nombreux jurys nationaux et internationaux, souvent en tant que président:
- Biennale de Sao Paulo
- Biennale de Venise
- Biennale internationale de la tapisserie (Lausanne)
- Biennale de la petite sculpture (Budapest)
- UNICEF (New York)
- Fondation de la Vocation (Genève)
- IIe Biennale ibéro-latine, Mexico
- Festival international du Film sur l'art, Montréal
- Présidence Jury vidéo. Musée d'art contemporain, Montréal
- Présidence du jury international de la 1ère semaine internationale de vidéo, Genève, etc.
- Présidence du Jury du Centre international d'art contemporain du château de Beychevelle
- Jury du concours international des technologies de la création, organisé à la grande halle de la Villette par la Mairie de Paris dans le cadre du Salon des nouvelles technologies, Paris Cités (1991), etc.
- Jury du Festival Vidéo, Locarno (1981-1998)

Titres de René Berger:
- Fondateur et directeur du mouvement "Pour l'Art". (1947-1963): revue, expositions, débats, voyages culturels, concerts, etc.
- Fondateur et président du Salon international des Galeries-pilotes (1963-1970)
- Conseiller artistique aux expositions de la Ville de Lausanne (1967-1981)
- Vice-président du Centre international de la tapisserie ancienne et moderne (CITAM) de Lausanne
- Président de l'Association internationale des critiques d'art (AICA. 1969-1975), puis président d'honneur depuis 1976
- Directeur-conservateur du musée des Beaux-Arts de Lausanne (1962-1981), puis Directeur-conservateur honoraire depuis 1981
- Université de Lausanne: Faculté des Lettres, lecteur, professeur associé, puis professeur honoraire depuis 1981
- Co-fondateur et président de l'Association internationale pour la vidéo dans les arts et la culture (1981), actuellement président d'honneur
- Member of the Board of Directors of the international Center of Advanced studies in Art (ICASA), New York, University
- International Center For Scientific Culture "Ettore Majorana", Erice, Italie
- International Seminar on the New Aesthetics (direction 1982)
- Membre du Kuratorium der Gesellschaft zur Förderung der Kunst und Medientechnologie (ZKM), Karlsruhe, Allemagne (1990-1997)
- Membre de l'Académie de Beychevelle, France (groupe GMF/FNAC et Suntory)
(1991-1994)
- Membre fondateur du Centre International de Recherches et d'Etudes Transdisciplinaires (CIRET, 1994 Basarab Nicolescu, président)

Distinctions:
- Prix de poésie de l'Université de Lausanne. (Follope, 1943)
- Médaille d'or offerte par le gouvernement italien à l'occasion du 16o Convegno Internazionale Artistici, Critici e Studio d'Arte, et de la XIXe assemblée générale de l'Association internationale des critiques d'art, Rimini, 1967
- Médaille du gouvernement italien "pour l'ensemble de ses travaux", ambassade d'Italie, Berne, 1968
- Prix Umberto Baincamano, décerné à "100 personnalités européennes ayant particulièrement contribué au développement du concept d'unité européenne", Milan 1979
- Medium, recueil d'essais offerts à René Berger; Editions Iderive, Lausanne, 1981
- Médaille du Conseil de l'Europe, Lisbonne, 1985
- Médaille de l'Unesco, Venise, 1985. (Colloque: la science face aux confins de la connaissance: le prologue de notre passé culturel)
- Laser d'Or du Festival d'Art Vidéo de Locarno. (1987) "pour la permanente vivacité de sa pensée, de sa générosité et l'activité mise au service du Festival d'Art Vidéo de Locarno et de l'AIVAC, ainsi que pour ses initiatives sur le plan international consacrées à l'exploration et à l'avancement des nouvelles technologies"
- Médaille vermeil Picasso remise par l'Unesco "pour son dévouement à la communication dans le monde en faveur du dialogue culturel". (1989)
- Remise du Galet d'Or du Conseil de l'Europe à l'occasion du XIVe Festival international de la vidéo et des arts électroniques de Locarno. (septembre 1994)
- Cinémathèque suisse, première présentation publique à la salle Paderewski du Plan Fixe qui lui est consacré. (4 octobre 1994)
- Paris, Unesco: "Hommage à René Berger pour son 80e anniversaire", à l'instigation de l'Unesco et du Ciret, avec la participation de Madeleine Gobeil, Basarab Nicolescu, Edgar Morin, Henri Lopes, Guy Weelen, Jacques Monnier, Philippe Quéau, Alexandre Villa, Dan Haulica, Manfred Eisenbeis et René Berger (13 mai 1995)
- Publication de l'"Hommage" dans le numéro spécial du bulletin interactif du Ciret. (N° 6) (mars 1996)
- Doctorat honoris causa de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (11 mai 1999)
- Prix de Lausanne (6 novembre 2000)

René Berger: "Ma motivation":
Pour quelles raisons ai-je tellement d'intérêt aux "choses scientifiques", pour quelle raison mon bureau s'encombre-t-il de dossiers, de classeurs, de coupures de journaux de toutes sortes ? Pour quelle raison suis-je à l'affût des dernières découvertes, théories, modèles ?
Ce dont je suis sûr, c'est que ce n'est pas par appétit encyclopédique. Je ne tiens nullement à tout savoir, comme l'étonnant Jacques Berger que j'ai vu plus d'une fois à la télévision.
Ce n'est pas davantage par besoin d'approfondir des champs spécialisés.
Ce que je cherche à travers informations, lectures, émissions, etc., c'est la structure transversale et dynamique qui me semble animer l'ensemble du vécu, du connaissable, bref, du réel.
Ainsi qu'au "sur-le-champ", ce qui se passe au moment même: ainsi les colloques, les métaphores des intervenants, souvent inconscientes: "il faut garder les pieds sur terre".
Démarche qui s'oriente selon un axe privilégié, non pas celui de l'explication rationnelle, ni de la technique, ni de la science, mais de l'unité totale et dynamique qui fait place, à l'expérience esthétique, au jugement de valeur.
Bref, je crois à cette Unité fondamentale et vivante qui se retrouve dans toutes les activités humaines aux prises avec l'univers lui aussi vivant et dynamique. L'évolution des espèces se poursuit... celle de l'univers aussi.

Ma vision du XXIe siècle:
"Tout en restant enfermés, comme nos lointains ancêtres, dans un corps mortel, nous ne cessons de nous extérioriser tous azimuts, grâce aux machines à rouler, à voler, à plonger, à travers l'espace et le temps, à travers traditions et innovations, à travers le réel et le virtuel. Tout en restant amarrés à notre cerveau dans son modeste abri crânien, nous ne cessons de nous brancher à l'immensité des flux qu'innervent des réseaux de plus en plus vastes, toujours plus puissants. Une nouvelle étape de l'Evolution est en cours. Miroir, mémoire, histoire ont eu partie liée durant des siècles. Mais voici que la technogenèse, en fusionnant le symbolisme et le technologique, déborde le modèle d'antan. S'annonce le techno-urgique, dont Internet est peut-être le nouveau sésame".

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Code d'identification de la notice d'autorité:[00027]

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Identification et intitulé de la ressource associé:PP 525